mercredi 30 décembre 2015

#8 - Décembre



Ce mois de décembre fut riche en achat ! J'aime quand je peux m'offrir autant de livres !
#8 - Décembre

Tout d'abord, mes achats au "Furet du Nord" :


#8 - Décembre
#8 - Décembre

  • L'ère des miracles #1 : L'échiquier des dieux de Richelle Mead (Milady)
  • L'ère des miracles #2 : La couronne de l'élue de Richelle Mead (Milady)
  • Meg Corbyn #1 : Lettres écarlates de Anne Bishop (Milady)

    #8 - Décembre
#8 - Décembre
  • Phobos de Victor Dixen (Robert Laffont)
  • Phobos² de Victor Dixen (Robert Laffont)
  • The book of Ivy de Amy Engel ( Lumen ) -

    Merci à Nimgarthielle qui m'a offert ce roman comme cadeau de Noël ! Tu es géniale, je t'adore trop !!! kiss






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    Je passe maintenant à ma commande chez "Showroom privé" du mois dernier !


    #8 - Décembre


  • Le don du loup de Anne Rice ( Michel Lafon )
  • Les loups du Soltice de Anne Rice ( Michel Lafon )

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Pour terminer, j'ai également gagné un fantastique roman grâce au site "French Steampunk" et aux éditions ActuSF.

#8 - Décembre
  • Feuillets de Cuivre de Fabien Clavel ( ActuSF )

lundi 28 décembre 2015

Les Filles au chocolat #3 - Coeur Mandarine





GENRE : Jeunesse
ÉDITION : Nathan
FORMAT : Ebook / Epub
PUBLIE EN : 2012
LANGUE D'ORIGINE : Anglais
AUTEUR : Cathy Cassidy
TRADUCTION : Anne Guiton
TITRE ORIGINAL : The chocolate box girls #3 - Summer's Dream



 CHRONIQUES PRECEDENTES

http://skoldasybooks.blogspot.fr/2015/08/les-filles-au-chocolat-1-coeur-cerise.html  http://skoldasybooks.blogspot.fr/2015/10/les-filles-au-chocolat-2-coeur-guimauve.html








" Summer, 12 ans, voit son rêve d'être danseuse devenir réalité : elle est sélectionnée pour les examens d'entrée dans une prestigieuse école de danse ! Mais, pour elle qui a l'habitude d'être la soeur parfaite aux yeux de sa jumelle Skye, la pression monte. Et ni sa grand-mère, aux commandes de la famille pendant que Paddy et sa mère sont en lune de miel, ni sa grande soeur Honey, en pleine crise d'ado, ne se rendent compte que Summer est envahie par le stress. Le seul qui y prête attention, c'est Tommy, un garçon qu'elle déteste."






Dans ce troisième tome, Cathy Cassidy nous montre l’envers  du décor des danseuses étoiles. Il s’agit donc d’un tome un peu plus sombre que les précédents, avec des conséquences dangereuses.
Nous suivons donc ici, la deuxième jumelle des Tanberry. Summer, la petite prodigue de la danse classique qui a vu une première fois son rêve tombé dans l’oubli lors du divorce de ses parents.
Hors grâce à l’aide de son professeur de danse, Summer se voit offrir une seconde chance pour tenter d’entrée dans une nouvelle école de danse de prestige : La Rochelle Academy.
Seulement la jeune fille va encore subir des désillusions. C’est sous la pression de sa future audition pour l’école de danse, que Summer va subir un désordre alimentaire très important. En l’absence de sa mère Charlotte et de Paddy qui sont partis en lune de miel, la jeune fille n’a personne à qui parler. Comme Skye dans le précédent tome, sa jumelle n’a plus les mêmes centres d’intérêts, car sa sœur est obnubilée par son nouveau petit ami, Finn.
Qui va donc pouvoir sortir la jeune fille de sa crise de perfection ? C’est en Tommy, le blagueur qu’elle ne peut pas supporter, qu’elle va pourtant trouver un certain réconfort. Depuis le tome précédent, le jeune homme fait tout pour être dans les bonnes grâces de Summer, dont il est fou amoureux.
Mais elle trouvera également une sorte de réconfort auprès de sa grande sœur Honey, car en effet les jeunes filles subissent le manque de leur père d’une façon bien différente.
  Évidemment avec le nouveau mariage de leur mère, ce n’est pas évident pour les jeunes filles de vivre une nouvelle histoire, sans leur père. Honey continue à suivre une voie très dangereuse quitte à mettre sa jeune sœur en danger. C’est donc sur cette note d’action que se termine ce troisième tome, avec toujours pour final : l’espoir.

« Cœur Mandarine » est donc la conséquence du divorce de parents, de vouloir réussir à tout prix quel que soit les conséquences. La vie n’est jamais blanche ou noir, mais grise. Cela résume très bien ce tome qui m’a particulièrement émue !







GLOBALE : 8 /10
ECRITURE : 8 /10
SCENARIO : 8 /10
PERSONNAGES : 8 /10
SUSPENS : 7 /10






vendredi 18 décembre 2015

Phobos



 






GENRE : Science-fiction / Jeunesse
ÉDITION : Robet Laffont
COLLECTION : R
NOMBRE DE PAGES : 433
DATE DE PUBLICATION : 11 juin 2015
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Victor Dixen










Victor Dixen est né d'un père danois et d’une mère française. Il vit, en compagnie de ses parents et de sa sœur, une jeunesse de globe-trotter, avant d'atterrir finalement à Rørvig, au bord de la mer Cattégat, dans le Danemark septentrional. Victor Dixen découvre alors les auteurs scandinaves, dont Hans Christian Andersen et Tove Jansson. Enfant, il connaît une expérience extrême au Tivoli, le parc d'attractions de Copenhague : s’embarquant subrepticement sur les montagnes russes, il effectue le tour complet à quatorze reprises. Sujet à d’étranges insomnies depuis cet incident, il consacre l'essentiel de ses nuits à l'écriture.

Victor Dixen a remporté deux fois le grand prix de l'Imaginaire, catégorie « jeunesse francophone » : en 2010 pour le premier tome de la tétralogie Le Cas Jack Spark, et en 2014 pour le premier tome de la série Animale.






" SIX PRÉTENDANTES.
SIX PRÉTENDANTS.
SIX MINUTES POUR SE RENCONTRER.
L’ÉTERNITÉ POUR S'AIMER.

ILS VEULENT MARQUER L'HISTOIRE AVEC UN GRAND H.

Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d'un même vaisseau spatial.
Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées.
Ils sont les prétendants du programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

ELLE VEUT TROUVER L'AMOUR AVEC UN GRAND A.

Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l'une des six élues.
Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l'amour.
Elle a signé pour un aller sans retour...

MÊME SI LE RÊVE VIRE AU CAUCHEMAR, IL EST TROP TARD POUR REGRETTER. "







Après avoir tellement entendu parler de cette saga, je me suis également lancée dans la lecture du premier tome. Je dois dire que j’étais un peu sceptique au début, sachant que beaucoup de livres traitent du sujet de la survie  d’adolescents. (Hunger Games, Divergente,…)
Certes cette même règle s’applique dans « Phobos », mais l’auteur a su amener une touche d’ingéniosité dans son récit.

En effet, nous découvrons douze adolescents choisis pour être les premiers humains à coloniser la planète Mars. Tout cela sous l’œil de caméras pour une télé-réalité dont le sujet est le « speed-dating dans l’espace ». Pour de l’originalité, nous sommes donc servis et également très ravis.
Au fil des pages, je me suis sentie comme un téléspectateur devant son poste de TV qui suit ce jeu de séduction pas comme les autres.
Seulement, nous découvrons aussi les coulisses de tous les protagonistes. Souvent, sur les pas de Léonor qui n’a pas eu une vie facile, puisqu’elle est orpheline depuis l’âge de 3 ans. On découvre donc petit à petit son caractère, une fille qui se bat et qui n’a presque peur de rien. Je dis presque, car s’attacher à quelqu’un d’autre est une tâche compliquée pour la jeune femme. Pourtant, elle devra faire un choix, car à la fin du voyage, elle doit choisir un partenaire pour sa nouvelle vie. C’est alors qu’elle rencontre de l’autre côté du fameux parloir Marcus, l’américain et Mozart, le brésilien. Son cœur est indécis.
Les autres filles qui partagent la « capsule » sont Kelly, Elizabeth, Safia, Kirsten et Fangfang. Malheureusement, on en apprend très peu sur elles, puisque le récit est concentré sur Léonor. Bien que tous les jeunes aient subi des vies difficiles, je n’ai pas toujours ressentie de l’empathie pour eux. Notamment, Kelly et Elizabeth qui sont franchement très agaçantes.
Il en va de même pour les garçons : Marcus, Mozart, Alexei, Tao, Samson et Kenji. La seule histoire d’un des garçons qui m’a particulièrement ému est celle de Mozart. Les autres, on en sait trop peu pour pouvoir juger…
J’espère donc en apprendre davantage dans le second tome.

Il y a également l’histoire autour du programme « Genesis » lui-même avec la présentatrice de l’émission Serena McBee. Qui disons-le franchement, a le rôle de la Cruella d’Enfer !
Cette femme n’est qu’une caricature d’elle-même, qui enjôle toutes les personnes qui se trouvent à côté d’elle. On se demande quel est son véritable visage ? C’est elle qui a postulé les candidats pour cette mission, puisqu’elle est psychologue, elle a eu tout le loisir de les tester avant des les envoyer dans l’espace. Seulement, quand on apprend la véritable histoire derrière ce fameux programme, on la déteste de toute son âme. C’est une femme qui ne pense qu’aux profits qu’une telle émission va lui rapporter. Elle ne se soucie donc que d’elle-même…  J’attends de voir ce que va lui procurer le revers de la médaille.
Surtout que beaucoup d’éléments s’échappent vers la fin du roman. Léonor qui apprend la vérité sur le « rapport Noé ». Mais aussi les disparitions tragiques de deux scientifique lié à Genesis, dont Andrew, le fils de l’un d’eux commence à mener une enquête plus approfondi.
Le roman se termine donc sur une note de suspens, où l’on veut connaître la suite immédiatement. Je ne déroge pas à cette règle puisque je me suis déjà procurée le tome 2.
La plume de Victor Dixen est simple, va droit au but et nous rend totalement addictif de sa série ! Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu un roman en si peu de temps. J’ai vraiment beaucoup aimé, et conseille vivement cette histoire plus qu’originale !


EXTRAIT

" Marquer l'Histoire avec un grand H, comme c'était écrit sur l'appel à candidatures... C'est pour ça que j'ai envoyé mes coordonnées sans hésiter une seule seconde, dès que j'ai vu l'annonce dans un journal gratuit du métro à Paris : c'est parce que j'en ai pas, moi, d'histoire, même avec un petit h. L'amour , toutes ces foutaises , ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Quand on a été abandonnée inconsciente à l'âge de trois ans dans une benne à ordures, on est bien placée pour savoir que ça ne vaut rien, l'amour. Parce que c'est ça, mon histoire, aussi dingue que ça puisse paraître : jetée comme un vieux Kleenex, récupérée in extremis par le SAMU, réanimée à l’hôpital, balancée par l’assistance publique. L'amour n'a jamais fait partie de ma vie, et ce n'est pas maintenant qu'il va y faire une entrée surprise."



 GLOBALE : 9 / 10
ÉCRITURE : 7 / 10
SCENARIO : 10 / 10
PERSONNAGES : 7 / 10
SUSPENS : 10 / 10




 

mercredi 16 décembre 2015

Feuillets de cuivre








GENRE : Science fantasy / Steampunk
ÉDITION : ActuSF
COLLECTION : Les Trois Souhaits
NOMBRES DE PAGES : 344
DATE DE PUBLICATION : 3 novembre 2015
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Fabien Clavel




Fabien Clavel est né à Paris en 1978. Après avoir vécu à Pierrefonds (Oise), il a suivi des études de lettres classiques à Paris.
Tout en collaborant à divers jeux de rôles et au magazine Casus Belli, il publie, en 2002, aux éditions Mnémos, une série de romans inspirée du jeu Nephilim, avant de se consacrer à ses propres univers.
Parallèlement, en 2007, il se lance dans la littérature jeunesse aux éditions Mango, à la fois en fantasy et en science-fiction. Sa série La Dernière Odyssée a été récompensée par deux prix.
Après avoir vécu en Hongrie entre 2007 et 2011, où il a enseigné le français et le latin au lycée français de Budapest, il est revenu en France, où il donne des cours de français, de latin et de littérature et société au lycée Julie-Victoire Daubié à Argenteuil.






" Paris, 1872. On retrouve dans une ruelle sombre le cadavre atrocement mutilé d'une prostituée, premier d'une longue série de meurtres aux résonances ésotériques. Enquêteur atypique, à l'âme mutilée par son passé et au corps d'obèse, l'inspecteur Ragon n'a pour seule arme contre ces crimes que sa sagacité et sa gargantuesque culture littéraire. À la croisée des feuilletons du XIXe et des séries télévisées modernes, Feuillets de cuivre nous entraîne dans des Mystères de Paris steampunk où le mal le dispute au pervers, avec parfois l'éclaircie d'un esprit bienveillant... vite terni. Si une bibliothèque est une âme de cuir et de papier, Feuillets de cuivre est sans aucun doute une œuvre d'encre et de sang."



Tout d’abord, je tiens à remercier le site « French Steampunk » et les éditions « ActuSF » qui m’ont permise de gagner le nouveau roman de Fabien Clavel : « Feuillets de cuivre ».
Je suis fan de la plume de l’auteur depuis que j’ai lu son roman « Homo vampiris ». Fabien Clavel a toujours des idées originales, encore une fois il le prouve dans ce roman steampunk.
 


Comme le dit la préface du roman, il est difficile de classer le steampunk dans un genre particulier. Sachant qu’on peut aisément le classer dans la fantasy, mais aussi la science-fiction, le fantastique…
« Feuillets de cuivre » est un mélange de tout cela en même temps, mais pas seulement. On découvre un univers sombre en France, au XIXème siècle, dont le genre policier est largement mis en avant. Pour ma part, cela me fait penser à notre cher Sherlock Holmes de Sir Arthur Conan Doyle. On retrouve un enquêteur très intelligent et un grand méchant démoniaque qui sont dans la même lignée.
Nous découvrons alors le nouvel officier Ragon lors de sa première enquête sur les meurtres de prostituées. Ce héros hétéroclite, de part son apparence massive, change radicalement de l’image de bel âtre ! Une chose que j’apprécie énormément. Ragon est donc assez traumatisé au début du récit,  les fantômes de la bataille de Sedan conduite par Napoléon III, le rongent énormément.
Ce personnage torturé, pour échapper à son passé, se plonge avec avidité dans la littérature. C’est un lecteur compulsif, doté d’une grande intelligence. Au fil des enquêtes, on découvre qu’il résout chaque crime grâce à la littérature. Face à ses manies, ses subordonnées prennent ainsi l’habitude de travailler avec lui, ils sont même admiratifs de cette qualité du héros.
Fabien Clavel met au cœur de ce roman, la littérature classique. Il y a de nombreuses références à de grands écrivains : Baudelaire, Victor Hugo, Jules Vernes, Maupassant et bien d’autres.
Dès l’ouverture du roman, il nous décrit le héros comme un albatros : «  Essoufflé, quoique jeune, Ragon déplaça son grand corps de plus de deux cents livres avec l’impression d’être un albatros dont on aurait rogné les ailes ». Tout le monde parvient à cité un certain poète :


« A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux
.
 »


L’image du héros donne cette impression de difformité, qui était très représentative dans la littérature du XIXème siècle. Pour Baudelaire, cela faisait parti de son image du « beau », le bien et le mal ne font qu’un. Tandis que pour Victor Hugo, cela démontre un côté comique, une sorte de récit fantastique dont il se fait l’idée du grotesque.
Toutes ces références aux auteurs de ce siècle ont su me faire plonger au centre de cette époque. Le steampunk quant à lui est très peu présent au début du récit. Il se fait progressif, au fil des nouvelles, des enquêtes. On parle au début du marchandage de l’éther. Le seul élément qui pour le moment relit à ce genre littéraire.
Ragon veut absolument résoudre l’enquête des prostituées tandis que la police à abandonner l’idée. Son cœur n’est pas étranger à une certaine jeune femme, Lise. On retrouve aussi dans la première enquête, un peu de fantastique lié à la magie.
Comme Baudelaire, la vision de notre héros reste alignée sur le fait que les parias sont sur la même ligne que les bourgeois : 


«  Il lui semblait que le bordel, comme champ de bataille, contribuait à l’ordre du monde. C’étaient des points d’équilibre qui devaient rester solides dans leurs fondements sous peine de voir toute la société basculer et couler dans l’ordure»


La première partie du roman contient diverses enquêtes de notre policier, mais la seconde partie se voit tout d’un coup plus intéressante et directement en lien avec toutes les autres nouvelles. La construction du roman est donc logique et permet de comprendre progressivement où l’auteur veut en venir. Pour moi, je n’ai pas cessé d’être impressionné par les éléments ajoutés qui entretienne le suspens dans le récit. Jusqu’à la fin, je fus totalement surprise par le renversement de situation. Je reste même sur ma faim à la dernière page ! Est-ce réel ? Ou  les protagonistes sont-ils fous ?
On découvre alors un monde steampunk plus vaste, machine scientifique folle à base d’éther, machine volante, montre à remonter le temps… Bref ! Divers éléments qui font partis de cet univers particulier. Mais ici, il est justement dosé sans en faire trop, on reste dans une certaine réalité. C’est un univers alternatif avec des éléments historiques français  totalement réels. On découvre même des personnages historiques comme Maupassant, il est amusant de voir certains d’entre eux tourné vers ce côté surnaturel. Cela fait mouche ! J’ai aimé imaginer ces personnages évolués dans un autre monde. 

Dans cette seconde partie du roman, on découvre l’ennemi numéro 1 de Ragon. « L’anagnoste ». Tout comme Ragon, il est passionné par la littérature. Il poussera sans cesse notre héros dans diverses énigmes macabres pour savoir s’il est vraiment capable de mettre en relation la littérature avec une enquête policière. Il veut découvrir si Ragon est vraiment surdoué, s’il est capable d’anticiper les morts qui malgré tout pullulent grâce à lui, l’Anagnoste. Seulement, pour cet ennemi le rival de la littérature est la science, qui a débuté avec l’imprimerie. Les gens fondent désormais leurs connaissances par les écrits et non par transmission comme dans l’antiquité. On découvre une autre image de Ragon grâce à lui, une image plus « étrange ». Encore maintenant, je me demande si c’est la réalité ? Cet élément fantastique dans le récit me trouble vraiment.

La plume de Fabien Clavel est un pur décile qui tient même du divin. J’ai adoré ce qu’il a entreprit dans ce roman. Les connaissances de la littérature qu’il nous offre, nous enchantent et nous comblent. Il nous démontre également des connaissances dans l’art (notamment avec le chapitre de l’asile et la peinture japonaise).
J’aime quand des écrivains usent de citation d’œuvre classique (si bien en littérature française, étrangère ou antique !). Tout est placé avec justesse, les citations nous mène  toujours à une résolution de l’énigme, elle nous enrichit l’esprit. Fabien Clavel arrive donc avec la littérature à nous faire découvrir un côté sombre de l’histoire humaine qui détourne des vers, de la prose à son machiavélisme. L’anagnoste est si fascinant !

En conclusion, « Feuillets de cuivre » est une pure merveille que je recommande chaudement. L’auteur nous démontre la connaissance de la littérature à des fins sombres et cruelles. Mais elle nous permet également d’apprendre pour résoudre des énigmes. C’est une histoire basée sur le steampunk, certes. Mais l’élément le plus important du roman est sans conteste la littérature elle-même avec en  trame de fond un récit policier doté de fantastique. Merci Fabien Clavel de démontrer encore à quel point vous êtes un grand écrivain !


EXTRAITS
 
« Il s’éloigna de la vitre, bouscula des visiteurs empressés et quitta la Morgue. Il sortit du bâtiment auquel on avait donné la forme d’un temple grec. Ragon y voyait une ironie méchante. On moquait les cadavres anonymes en les assimilant à des divinités antiques. »

Pour un nouveau festin de nos chairs androgynes

« - Avez-vous vu le cadavre ? Tiphaine était manifestement dans les bras de Morphée au moment où cela est arrivé. Et puis, vous avez remarqué comme son corps l’accablait. Songez-vous un seul instant que notre victime ait pu décidé de se coucher nue pour attendre la police ? Non. Ceci est manifestement une mise en scène. On lui a d’ailleurs donné la position exacte de l’Hermaphrodite endormi du Musée du Louvre. Nous avons affaire à un meurtre arrangé en suicide, j’en ai l’intime conviction. »
« - Mais quel est l’usage de cette machine infernale ? le coupa brutalement Bailly.
Le gardien de la paix semblait effaré par cet exposé. Comme Ragon, il en appréhendait la conclusion autant qu’il attendait.
- Avez-vous lu Le Banquet de Platon ? répliqua le médecin.
- J’ai lu tous les livres, fit Ragon.
- J’ignorais qu’il y avait des lettrés dans la police… L’un des discours de ce traité philosophique, celui d’Aristophane, raconte comment la terre fut jadis peuplée d’être à huit membres et deux têtes. Certains étaient entièrement hommes, d’autres femmes et les derniers androgynes. Leur puissance attira la jalousie de Zeus qui les foudroya et les coupa en deux. Eh bien, je cherche à restaurer notre androgynie primordiale. Je veux retrouver ce banquet originel où  toutes les identités étaient acceptées. 
»

Croire à la pieuvre

«  D’après mes renseignements, les Japonais appellent cette œuvre Tako to Ama, ou L’ama et le Poulpe. Outamaro, un autre peintre japonais sur lequel j’ai fait paraîte un puscule, aimait à représenter ces pêcheuses de perles qui descendaient en apnée, vêtues d’un simple pagne et dont la tradition remonte à près de deux millénaires. Mais ce que vous me montrez est une copie, de qualité, certes, mais un œil suffisamment exercé peut le déceler. Les écritures japonaises qui occupent l’arrière-plan sont du charabia. »





GLOBALE : 10 /10
ECRITURE : 10 / 10
SCENARIO : 10 /10
PERSONNAGES : 10 / 10
SUSPENS : 10 /10



COUP DE CŒUR !





lundi 14 décembre 2015

La Geste des Exilés #1 - Pacte Obscur




GENRE : Fantasy / Urban Fantasy
ÉDITION : Éditions du chat noir
COLLECTION : Féline
NOMBRES DE PAGES : 442
DATE DE PUBLICATION : 1 avril 2014
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Bettina Nordet







Bettina Nordet vit sous le soleil de Marseille. L’apprentissage de la lecture est pour elle une révélation : à partir de cet instant elle dévore tous les livres qui lui tombent sous la main. C’est à l’âge de dix ans qu’elle commence à écrire des poèmes et des récits, conservés ensuite dans un classeur. Amoureuse du merveilleux, elle s’adonne durant onze ans aux joies du jeu de rôle médiéval fantastique, et, passionnée d’Histoire et de mythologie, se plonge avec délectation dans tous les ouvrages qui y ont trait. Après des études de droit et de commerce international, elle embrasse une carrière au service des autres, qui lui laisse assez de temps libre pour assouvir ce qu’elle nomme son « vice » : l’écriture..








" Je suis flic, et à part une petite bizarrerie et un sérieux manque de sex-appeal dont je me passerais bien, ma vie est plutôt sympa. Mais un soir tout vole en éclat. Traquée par des types bizarres, je me retrouve baby-sitté par mon nouveau boss, un type beau à tomber aux instincts meurtriers peu rassurants, qui semble éprouver à mon égard une allergie aussi violente qu'inexplicable. Alors, telle Alice, je plonge dans le terrier du lapin blanc ; sauf que, dans mon cas, la curiosité n'y est pour rien : mon imbuvable garde du corps m'y a poussée. Bien décidée à retrouver ma vie et les miens, je rue dans les brancards, mais les échos d'une prophétie plus vieille que le monde pourraient bien finir par me rattraper et m'en empêcher. Je vais tout faire pour me sortir de ce guêpier, même si, je dois bien l'admettre, il y a quelques compensations : des beaux mecs comme s'il en pleuvait. Et dire que je me plaignais que mon carnet de bal était vide..."

Pièce maîtresse d'une lutte de pouvoir immémoriale, entraînée au cœur d'un tourbillon de violence et de sang, Jana découvre peu à peu que tout ce qu'elle croyait savoir n'est qu'un leurre, et que la frontière entre les bons et les méchants n'est peut-être pas aussi tranchée que ce qu'en disent les traditions millénaires.





Ma lecture du premier tome de « la geste des exilés » me laisse une très bonne impression. En effet, Bettina Nordet a su donné à sa saga, une nouvelle vision du mythe des anges, où Dieu n’est finalement pas au centre de l’amour de ces êtres ailés.
Nous découvrons donc Jana, lieutenant de police à Marseille. Elle a une vie presque banale, la seule chose hors norme dans sa vie, c’est qu’elle fiche une peur bleue aux pédophiles. Dès que ces derniers se trouvent à proximité d’elle, ils avouent leurs crimes sans qu’elle n’ait besoin de poser des questions. On fait alors très vite le rapprochement avec le prologue qui débute sur un kidnapping d’enfant par un pédophile (une scène qui m’a mise particulièrement mal à l’aise, je dois bien l’avouer), mais qui fut sauvée in extrémis par une étrange créature.
Mais à part ce moment de sa vie, son quotidien qui est tranquille se retrouve brutalement bouleversé avec l’arrivée de son nouveau patron, Kell. Un beau brun ténébreux qui met les hormones de notre héroïne en ébullition. Depuis sa rencontre avec son patron, elle se fait poursuivre par des étranges criminels. C’est son patron, Kell qui devient alors son garde du corps. Ils partent alors tout deux en Australie pour une destination inconnue à la jeune femme, qui croit naïvement que c’est son frère qui est derrière tout cela, puisqu’il est espion. La première partie du récit est donc consacré à cette course poursuite infernale. Dans un second temps, on découvre les origines de Jana et ce qui fait d’elle un être d’exception.  De plus, elle se retrouve au centre d’une prophétie dont elle ne veut rien connaître, voulant maîtriser elle-même son destin. Au lieu de suivre les « fils du destin » comme on dit. Mais ses géniteurs ne laisseront pas passer leurs chances d’obtenir le pouvoir.
Si on en revient à Jana, c’est également une héroïne avec un franc-parler, la jeune femme de 28 ans ne mâche pas ses mots et dit toujours ce qu’elle pense. On retrouve des expressions qui nous font sourire :

«  Mais, ma parole, ils sont plus collants que des morpions après les couilles géantes de Big Foot ! »

Une phrase très représentative du langage fleuri de notre héroïne.  Malheureusement, la modèle de la couverture ne colle pas vraiment à l’héroïne. Physiquement, elle est même très loin de ressembler à cela ! Elle est plus volcanique et moins angélique que ce que l’auteure tente de nous offrir. Certes, on l’imagine bien blonde, très jolie mais une beauté plus naturelle, je dirais.
Tandis que son comportement est vraiment exaspérant. Certes, j’apprécie son franc-parler, mais sa naïveté m’a vraiment exaspérée. Parfois, le fait qu’elle soit sans cesse attirée par des hommes, car elle n’a jamais connu de plaisir charnel est un peu tiré par les cheveux. Je me lasse vite quand on a tendance à faire d’une héroïne d’Urban Fantasy, une femme qui pour s’imposer doit être midinette et être avec des hommes pour le plaisir. Bien que l’auteure tente de nous faire avaler doucement que Jana est amoureuse. Amoureuse en si peu de temps, alors qu’elle connaît « cet » homme depuis peu ? Personnellement, je n’adhère jamais à ces idées qu’on impose aux clichés de l'urban fantasy. Cela a tendance à m’agacer profondément. C’est une des seules choses que je pourrais reprocher au récit. Une héroïne trop frivole dans ses relations amoureuses.

« Pacte Obscur » porte très bien son nom. Il y a un renversement des rôles très intéressants. Finalement, les « méchants » ne sont pas ceux auquel on pense directement. Cela prouve que les apparences sont toujours trompeuses. On découvre alors le paradis sous une nouvelle image, une image très différente de la genèse, bien que les bases  restent évidemment identiques.
C’est avec joie que j’ai découvert cet univers angélique totalement revisité par Bettina Nordet. Franchement, cela fonctionne très bien !
Kell quant à lui est un personnage très énigmatique. On ne découvre pas grand-chose sur lui, à part vers la fin du roman. On  comprend alors  sa rancune envers Jana, mais également ce côté « bad guy » qu’il nous offre. Personnellement, c’est le personnage que j’ai le plus apprécié ! Surtout la scène dans l’asile psychiatrique qui m’a particulièrement ému. On se rend alors compte que le personnage n’est pas insensible et qu’il éprouve des sentiments. Tout comme dans une certaine église…
Mais on découvre tout un tas d’autres apollon dans cette saga, (d’où les hormones en ébullition de notre héroïne). Je retiens particulièrement le gérant du club en Australie Phen, qui possède certes un charisme époustouflant avec sa chevelure rougeoyante, mais également des pouvoirs très singuliers. Qu’est-il réellement ? Malheureusement, nous n’avons pas notre réponse dans ce premier tome. J’ai vraiment hâte d’en connaître davantage sur ce personnage dans le tome 2.
J’en viens maintenant au mystérieux Mayron, dont Kell ne semble pas réellement apprécier. (Qui aime-t-il au final ? On se le demande. ) Cet homme aveugle se déplace  pourtant dans l’espace avec une telle aisance qu’on se demande quel est son rôle dans l’histoire ? Quand on découvre sa véritable identité, j’en suis restée pantoise de surprise ! Décidément notre petite Jana se met toutes les créatures mythiques dans la poche !
La fin reste donc énigmatique, plongée dans le suspens. C’est avec envie que malgré le comportement exacerbant de l’héroïne, j’ai envie de découvrir la suite. L’histoire vaut vraiment le coup !

La plume de Bettina Nordet reste simpliste avec parfois des expressions qui me sont totalement inconnus, il faut bien l’avouer. (et puis qui dit encore  un « cellulaire » de nos jours ?). Elle nous entraîne malgré tout dans son monde imaginaire avec avidité ! Je dois dire que ces références musicales sont très, très bonnes ! Moi qui adore le métal symphonique, je la remercie grandement pour ce petit clin d’œil !
« Pacte obscur » fut une lecture agréable, avec une revisite du mythe des anges inédite. J’adhère donc à son imaginaire. J’ai envie de la suite des aventures de Jana, savoir comment sa vie va tourner maintenant qu’elle a découvert qui elle est réellement.






GLOBALE : 8 /10
ECRITURE : 7 /10
SCENARIO : 10 /10
PERSONNAGES : 8 /10
SUSPENS : 7 /10
HUMOUR : 7 /10





samedi 5 décembre 2015

Rose Morte #2 - Trois épines





GENRE : Fantastique / Historique / Romance
ÉDITION : Milady
COLLECTION : Bit-lit
NOMBRES DE PAGES : 576
PUBLIE EN : 2013
DATE DE L’ÉDITION : 18 septembre 2015
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Céline Landressie



CHRONIQUE PRECEDENTE

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 " France, 1789.
Aux quatre coins du pays, la révolte gronde. Lady Rose quitte la cour de Russie pour retourner auprès d'Artus. En effet, son mentor requiert son soutien car l'équilibre de la société obscure est aussi menacé. Or, malgré deux siècles d'existence, Roste reste une immortelle inexpérimentée encore étrangère aux menées de ses pairs. Sera-t-elle de taille à affronter ce chaos ? Artus et elle pourront-ils s'entendre après dix ans d'absence ? "








Alors que dire...que dire sur le deuxième tome de "Rose morte" ? Tout d'abord que ce fut un pur délice, saupoudrer d'action et de frustration également. Céline Landressie arrive encore une fois à me surprendre, me captiver comme très peu d'auteurs ont réussis à me charmer. " Trois épines" vient confirmer mon coup de cœur pour cette saga !
Dans le premier tome, nous avons donc découvert l'univers des vampires, plus précisément de la maison Arimath, dont font partis nos chouchous : Artus, Adelphe et Rose.
Dans ce second tome, nous découvrons une héroïne très remontée contre son mentor. En effet, Rose s'est sentie délaissé durant ces dix dernières années par Artus. Malheureusement, la jeune comtesse à la rancune vraiment tenace ! Dix ans d'exil ont changé son comportement envers le comte de Janlys. Elle qui avait passé les deux derniers siècles à ses côtés, n'a pas compris ce brusque changement. Pourquoi l'a-t-il envoyé en Russie sans aucune nouvelle durant dix ans ? Rose s'est donc sentie abandonnée, trahie, délaissée. C'est pourquoi nous découvrons avec stupéfaction l'arrivée d'un nouveau personnage très...très charismatique ! (oui, un apollon de plus, comme-ci nous n'en avions pas déjà assez). Je parle évidemment de Vassili , le serviteur de Rose. Elle enfreint quelques peu les règles, puisque rare sont les jeunes vampires à avoir un serviteur aussitôt. Mais, on peut aisément la comprendre puisqu'elle s'est retrouvée dans un pays qu'elle ne connaissait pas, en plein territoire des Oström. Ce grand monsieur blond aux yeux bleus glacés à de quoi faire languir ceux qui se trouve à côté de lui ! (moi, la première).
Avec le retour de Rose et ce nouveau personnage, la fratrie d'Holival ont un changement de comportement vraiment très explosif. Artus comme à son habitude ne préfère pas dévoilé ses sentiments et préfère être blessant vis-à-vis de son infante. Malheureusement, Artus doit également gérer plusieurs choses en même temps, le retour de Rose n'est pas anodin puisqu'elle doit venir le soutenir contre une bataille peu conventionnelle contre leur ennemi de toujours : les Lamies. Ces derniers attaquent notamment le clan Oström de façon organisée qui ne colle pas à leur mode de vie. Évidemment ce n'est pas tout ! Artus a un traître dans son propre clan, quelqu'un qui le surveille et il va devoir trouver cet imposteur, et on rajoute une couche avec l'histoire de l'érudit qui n'avance plus depuis plusieurs années maintenant. Il n'est donc pas étonnant de le voir littéralement explosé de rage ou être véhément comme lors de son entretien avec Raugmundr :

" - Caton vous tenait pour extrêmement sagace. M'est avis qu'il serait déçu de vous trouver dans ces dispositions.
- Comme c'est original, se gaussa Artus. Vous autres Oström, évoquez-vous toujours mon prédécesseur lorsque vous arrivez à court d'arguments ?
- C'était un régent respecté, et avisé...Qu'aurait-il pensé de tout ceci ?
- Que vous commencez à vous décatir ?
- Petit insolent... J'essaie de vous donner un conseil...
- Oh. Mille excuses. Je croyais que vous radotiez sur des choses qui ne vous concernent en rien...
- Cette attitude ne vous mènera nulle part, jarl Artus. Vous feriez bien d'en changer avant qu'elle ne vous cause davantage de tracas.
- Un autre conseil ? Quel chanceux je fais !
"

En même temps, je pense que si nous étions à la place d'Artus, il y a longtemps qu'on deviendrait tous fous. Il a du courage de supporter tout ce chaos.  Mais j'avoue que ses rapports houleux avec la comtesse de Greer ont tendance à nous agacer. On a envie de les prendre tous les deux et les secouer un bon coup pour leur remettre les idées en place ! Elle qui ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez et lui qui campe sur ses positions.  Est-ce que dévoiler ses sentiments est une faiblesse ? Pour le comte de Janlys apparemment oui. On ne peut pas dire que l'apparition de Vassili l'enchante vraiment. Il voit en lui, un concurrent , c'est une évidence. Tandis que Rose refuse de discuter de son exil avec son mentor, ne voulant pas connaître les raisons qui l'ont poussé à agir ainsi. La réaction d'Artus envers Rose est alors totalement normal. J'étais même vraiment d'accord avec lui pour une fois :
" La comtesse se mordit la lèvre inférieure, la mine piteuse. Nier cette assertion aurait été purement mensonger.
- Ne pouviez-vous m'expliquer tout cela par écrit ? hasarda-t-elle néanmoins.
- Mes courriers étaient surveillés! Pourquoi croyez-vous que je mis un terme à notre correspondance ? Ne vous servez-vous donc jamais de votre cervelle ?!
"

(Je me le demande aussi, Artus.... Je me le demande...)


Pauvre Adelphe qui se retrouve au milieu de tout cela, on peut facilement imaginer que lui aussi, son caractère en devient révolté. J'ai d'ailleurs envie de crier " Mais pourquoi Céline ???" . Oui, notre Adelphe si gentil avec un tempérament serein se trouve totalement changé dans ce tome-ci. Il se dispute avec Rose, avec son frère et prend en grippe ce pauvre Vassili, au début. Que se passe-t-il donc pour qu'Adelphe change de comportement. On le voit par moment mélancolique, mais ni Rose ni son frère ne sait exactement quelle est la raison de cette tristesse. Pourtant, j'ai une idée sur la question... Son changement de comportement a changé indubitablement à l'apparition de Vassili. Une scène en particulier m'a fortement marqué, bien que les rapports entre Adelphe/Vassili sont assez ambigus et certaines choses laissent à penser que mon raisonnement est une possibilité :
" Regrettant ce subit emportement, la comtesse reporta son attention sur son serviteur. Stoïque, ce dernier attendait que les soins fussent achevés, son regard polaire errant par l'une des fenêtres du réfectoire. Face à lui, Adelphe, précautionneux, jetait de fréquents coups d'oeil sur son patient, cherchant sans doute à s'assurer qu'il ne lui causait pas de peine supplémentaire. Comme il se penchait sur lui, bras passés sous les siens afin de faire voyager dans son dos le bandage dont il l'entourait pour la troisième fois d'affilée, le Slave lui rendit tout à coup son regard. Baissant le nez, Adelphe récupéra le rouleau de tissu qui venait de lui échapper"

Alors, si ceci n'est pas le trouble d'une quelconque attirance... C'est que je suis vraiment nulle !  Notre pauvre Adelphe se trouve au 18ème siècle... Forcément, difficile de révéler certaines choses au grand jour, je pense. Mais évidemment, ceci n'est que mon humble avis. J'avoue que j'apprécierai énormément de voir cette "relation" évoluer dans ce sens. Cela donnerait une touche de modernité, qui apporterait davantage de choses à cet univers. La réaction de Rose et Artus pourrait être très drôle à écrire en plus !
Mais évidemment cela reste très ambigu, puisque notre grand Vassili lié à Rose, éprouve sans conteste des sentiments pour sa maîtresse. Même s'il est au courant de la relation particulière entre elle et Artus, il ne peut s'empêcher d'espérer qu'un jour Rose soit à lui. Malheureusement vers la fin du roman, il voit d'un œil différent ses premières espérances. Et qui vient le soutenir ? Adelphe évidement ! Sachant que ce n'est pas un personnage très loquace, j'ai hâte d'en découvrir plus sur lui dans le prochain tome.
               Concernant l'action, je dois dire que je fus très surprise des protagonistes de tout ce fouillis. Un certain personnage du premier tome refait surface et d'une manière très fracassante ! Petit à petit, où on remonte le fil, on se dit pourtant que cela ne pouvait pas être autrement. A la fin du roman, les Arimath et les Oström se retrouvent avec divers ennemis : Les lamies, le fameux alchimiste, les hommes-fauves et l'érudit. La liste des ennemis ne fait qu'augmenter. On se doute déjà que le prochain tome sera de haut niveau également ! Comment vont-ils faire pour combattre sur tous les fronts ?
L'écriture de Céline Landressie est comme dans le premier tome, plus qu'excellente. Les connaissances de l'auteure ne cesse pas de m'émerveiller ! J'avais l'impression de me retrouver en plein milieu de la révolution française (ceci dit, on remarque qu'elle aime les conflits dans l'histoire française), mais également des diverses origines pour les maisons vampiriques. On retrouve donc des références à la mythologie nordique et égyptienne entre autre. L'ensemble du roman est très cohérent, jonché de culture et avec cette dose d'action qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière page.  
                "Trois épines" est sans conteste dans la même veine que son prédécesseur si ce n'est encore mieux ! L'auteure a su créer un univers à part entière, fondé sur des faits historiques précis et en plus avec des personnages attachants et diversifié. Il y en a pour tous les goûts ! Cette saga est vraiment excellente, je suis désormais une fervente admiratrice ! L'attente pour le tome 3 "Flétrissures" aux éditons Milady en mai va donc être très longue pour moi. "Patience est mère de vertu" dit-on, un proverbe qui ne me convient pas malheureusement.






GLOBALE : 10 / 10
ECRITURE : 10 / 10
SCENARIO : 10 / 10
PERSONNAGES : 10 / 10
SUSPENS : 10 / 10


COUP DE CŒUR!