jeudi 23 juin 2016

Rose Morte #3 - Flétrissures




http://img.livraddict.com/covers/175/175936/couv21431235.jpg 

 GENRE : Fantastique / Historique / Romance
ÉDITION : Milady
COLLECTION : Bit-Lit
NOMBRES DE PAGES : 552
PUBLIE EN : 2015
DATE DE L’ÉDITION : 20 mai 2016
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Céline Landressie
PRIX : 7€90



CHRONIQUES PRÉCÉDENTES

http://skoldasybooks.blogspot.fr/2015/05/rose-morte-1-la-floraison.html http://skoldasybooks.blogspot.fr/2015/12/rose-morte-2-trois-epines.html





" France, Seconde Guerre mondiale.
Le monde mortel se délite en livrant bataille au IIIe Reich, dont la violence et la cruauté sont sans limites. Malmenée par la menace totalitaire, la société obscure traverse des heures sombres : la discorde règne parmi les immortels. Les conflits qui les opposent sont tels qu'Artus, Olaf et Raugmundr sont amenés à faire des choix décisifs. Malgré les ordres de son mentor, Rose est contrainte de se jeter dans une course contre la fatalité.




                J'ai attendu longtemps pour pouvoir dévorer ce troisième tome, mais cela en valait vraiment la peine!  "Flétrissures" est un pur délice pour une fan inconditionnelle comme moi, de romans fantastiques. Ce tome-ci bien plus sombre que ces prédécesseurs, nous montre une nouvelle facette de certains personnages. 


                On retrouve avec plaisir notre quatuor favori, en plein milieu de la Seconde Guerre mondiale, où la folie de l'homme vient pourtant s'immiscer dans la société obscure. Rose et Artus en feront plusieurs fois les frais durant le roman.
L'héritier Arimath forme avec Olaf et Raugmundr, un guet-apens pour tenter d'attraper l'Alchimiste Prelati. Hors les plans du comte de Janlys ne se déroule pas vraiment comme il l'aurait souhaité...
Rose se voit contrainte de venir en aide à la fratrie d'Holival, car Artus se retrouve en grand danger.
Qui est derrière cette embuscade ? On se pose immédiatement des tas de questions, sachant que les ennemis du comte sont nombreux au fil des siècles. Mais surtout la question primordiale : Qui est assez puissant pour maîtriser Artus et Adelphe ?
"Flétrissures" met en avant le duo Rose/Vassili. Franchement, je ne m'en plaindrai pas. J'ai aimé Vassili dès sa première apparition ! On en apprend un peu plus sur ce personnage pour le moins énigmatique. Du moins, un peu. Avouons que le Prince n'est pas très loquace. Sa relation ambiguë avec Adelphe est souvent mis en avant, du moins avec ce tome-ci. On se doute qu'Adelphe tient sincèrement au grand blond tourmenté. (Je retiens la scène du fameux mouchoir). Malheureusement, Vassili est un peu comme Artus concernant ses sentiments, rien ne lui échappe. Vassili est toujours aussi fidèle envers Rose, mais finalement envers son ami Adelphe.
                Tandis que Rose, malgré le fait qu'elle ne veuille pas divulguer ses sentiments à son mentor, passe certaines nuits à ses côtés. Elle essaie tant bien que mal de cacher ses sentiments, ce qui devient de plus en plus difficile. Quand elle apprend son enlèvement, elle se transforme en véritable guerrière prête à en découdre avec tout ce qui se retrouve sur son passage. C'est Vassili qui la remet toujours sur le droit chemin, pour qu'elle retrouve le contrôle d'elle-même. Finalement, on aperçoit dans ce tome que la comtesse de Greer a grandi ! Elle est devenue forte et autonome sans toujours devoir dépendre d'Artus. C'est intéressant de voir l'inversement des rôles. J'avoue que dans le tome précédent, j'étais un peu exaspérée de son comportement pour son exil forcé. Mais ici, son caractère a bien changé, elle comprend que l'amour de son mentor est inaccessible. Alors, elle lui prouve, qu'elle est toujours fidèle dans les missions qu'il lui octroie. Ici, Rose le prouvera encore bien davantage. Elle est même indispensable !

Adelphe se retrouve quant à lui blessé tout le long du roman. Parfois certaines vérités lui échappent, sous le coup de la fièvre. On apprend donc certains détails très intéressants ! Le voir en position de faiblesse m'a particulièrement touché. C'est un personnage qui cache déjà de nombreuses fêlures au fond de lui. Vassili va donc le prendre sous son aile, lui offrir sa protection jusqu'à ce qu'ils retrouvent son frère aîné.
                J'en viens maintenant à Artus. Très peu présent dans ce tome-ci, il reste malgré tout égal à lui-même. Un homme qui ne désire pas communiquer ses sentiments, il garde toujours ses réflexions pour lui, les partageant seulement si cela est nécessaire. Pourtant, Céline Landressie nous offre ici, une facette très touchante du personnage. J'ai littéralement eu une petite larme à l'œil.


" L'éternel jeune homme entrouvrit les yeux qui sitôt s'agrandirent de stupeur. Artus s'avançait. Outragé, torturé, titubant...
Mais debout.
- Adi, répéta-t-il, s'écroulant au pied de son cadet en larmes.
Le comte ouvrit les bras, au sein desquels Adelphe trouva la ressource de se précipiter.
"


                La relation entre les frères m'a vraiment émue au plus au point à cet instant. Mais, il s'agit d'un court répit, car Artus reste Artus. Muet et borné.


                L'histoire concernant l'Erudit est loin d'être achevé, bien au contraire. De nouvelles questions viennent sans cesse accroître notre intérêt au fil des tomes. Aucune identité, aussi bien sur le personnage que ce fameux médaillon. De plus, l'Alchimiste Prelati qui est également évoqué dans le récit vient sans cesse mettre des bâtons dans les roues de notre quatuor.
                Les visions de cet étrange loup viennent s'ajouter à nos questions. Qui est-il ? Que représente-t-il pour Rose ?
                Plus l'arrivée des Pa-Nek dans le récit et une étrange apparition qui a guidé Rose vers Adelphe, promet pour les tomes à venir beaucoup d'autres questions. A quand les réponses ai-je envie de dire ? Oui, je suis frustrée !


 Céline Landressie à travers son roman, nous montre encore ses prouesse quant à sa qualité historique. Elle a encore su manier habillement le réel et l'imaginaire. On aperçoit toute la cruauté du IIIe Reich durant cette guerre. L'auteure a su transmettre toute cette ignominie à travers son roman, démontrant l'horreur de ces tortures injustes envers un être humain.
                Entre autre, avec les S.S dans les camps de concentration, avec précision elle décrit les pauvres âmes qui se retrouvent prisonnières pour leurs origines ou simplement ceux qui n'entre pas dans la catégorie de "pure race allemande".
                J'ai toujours apprécié apprendre, découvrir les origines de l'histoire. Notamment la pire : la Seconde Guerre Mondiale, où la folie d'un homme a fait sombrer plusieurs pays dans le sang. L'auteure l'a très bien démontré au sein de son récit, l'absurdité qu'Hitler se faisait de son "pays parfait".
                Grâce à elle, j'ai même appris davantage de détails que je ne connaissais pas durant cette guerre ! Notamment, la plupart des services qu'utilisait le Reich et leur fonctionnement.
                J'en reviens sur sa façon de manier l'histoire et l'imaginaire. La corrélation entre les deux se fait facilement lors de notre lecture. Notamment en utilisant la couverture des S.S qu'utilisent les Lamies pour venir à leur fin. Pour piller les demeures notamment des immortels, mais aussi à proximité des camps de concentration, où ils peuvent se divertir à loisir de la souffrance d'autrui.
                On retrouve également les S.S sur la route que Rose emprunte jusqu'en Autriche. Forcément, il est impensable que le trio ne tombe pas sur des soldats allemands, étant donné qu'ils dominaient toute cette partie de l'Europe (Nord de la France, Allemagne, Pologne, Autriche entre autre). Bref, c'est encore une totale réussite !

 
Son écriture est tout aussi admirable que ce soit l'enrichissement du vocabulaire concordant à l'époque du XXème siècle, mais les descriptions qui frôlent parfois la poésie. J'avais l'impression d'avoir sous les yeux une exquise peinture à admirer. Vraiment, il est rare de voir des auteurs aussi doués dans l'écriture. J'en suis toujours aussi ravie et ne m'en lasse jamais ! De plus, "Flétrissures" nous offre cette ambiance sombre et nous transmet beaucoup d'émotions. C'est une des rares fois où un roman me donne envie de pleurer sous l'affliction... Céline Landressie a joué la corde sensible à merveille pour ce tome ! 

                Bref, je vais m'arrêter ici, car je pourrais continuer à discuter de "Flétrissures" pendant des heures ! Ce tome nous offre donc une nouvelle facette des personnages. Laissant tomber parfois le masque, on découvre leur douleur, leur envie et espérance. La véracité des faits historiques se marie parfaitement au cheminement des protagonistes, nous offrant l'horreur de cette guerre dans toute sa grandeur. Pour moi ce troisième tome de "Rose Morte" est encore une fois un gros coup de cœur ! Merci Céline de nous offrir une série fantastique de haute qualité, qui me fait vibrer à chaque nouveau tome!
                "
Ikebana" le tome 4 paraîtra aux éditions Milady en 2017 ! J'ai hâte de l'avoir entre les mains.




 



 EXTRAITS



" Lorsque l'on se tenait là, sous la lumière tamisée que dispensaient les lustres en cristal dépoli, l'on avait une vue privilégiée sur les rayonnage s'ordonnant tout autour en une double succession d'arcs angulaires, les seconds s'intercalant entre les pointes des premiers. Toutefois, pour réellement percevoir le ses de cette disposition, il aurait fallu examiner la pièce depuis le plafond. Puisque cet angle seul révélait la rosace délinéée par les étagères. De sorte que, quand l'on était logé dans les confortables bergères tenant lieu de noyau à cette figure, l'on était littéralement assis au cœur d'une fleur de livres.
De la fine fleur.
Ce trésor de poésie, la demeure le devait au prince Golitsyne. Cette pièce était son oeuvre. De bout en bout. Il en avait lui-même élaboré le plan, choisi la nuance saphir de la tapisserie, dessiné les courbes blanches des cimaises, élu les toiles suspendues aux murs, désigné le rare mobilier, sélectionné l'essence du bois des étagères, et enfin garni leurs rayons.
Plus qu'une bibliothèque, Vassili avait édifié un sanctuaire.
" - CHAPITRE 3


* * *


" Rose avait l'habitude des ces moments d'isolement. Elle ne les appréciait guère, car ils lui remémoraient combien elle était impuissante à venir en aide au prince. Toutefois, elle y était accoutumée. Vassili ne livrerait pas les remous de son âme. Bonnes ou mauvaises, les réflexions qui l'accaparaient resteraient absconses pour sa maîtresse, laquelle se voyait une nouvelle fois condamnée à présupposer des tensions agitant cet esprit. Mais, quoiqu'ils demeurassent impénétrables, aucun des silences du Slave ne l'étouffait comme ceux de son mentor pouvaient le faire. Car il se dégageait du prince une telle aura de droiture que cela filtrait jusque dans son mutisme... " - CHAPITRE 7


* * *


" Visage constellé de giclures grenat, les mâchoires béant sur les poinçons de sa fureur, Rose avança vers le vide.
Elle se reçut, souveraine comme la justice, entre les flancs d'un nouveau duo de barbares. Sa dague sembla trouver d'elle-même le chemin de l'abdomen musculeux de l'ennemi à sa gauche, cependant que son pistolet crachait une sentence de plomb en pleine denture de celui à sa droite. Des éclats d'émail polluèrent l'atmosphère attiédie, éraflant le menton du prince atterri auprès de sa maîtresse. Semelles engluées dans un amas d'entrailles fumeuses, le Slave abattit l'implacable couperet de son sabre sur la nuque du Lamie à la face rabotée de moitié. Tandis que ce dernier, tête séparée de ses lourdes épaules, s'affalait sur la pelouse qu'il n'aurait jamais plus l'occasion de quitter, Vassili embrocha le ventre bâillant du Lamie éventré par les soins de lady Rose.
" - CHAPITRE 11





GLOBALE : 10 / 10
ÉCRITURE : 10 / 10
SCENARIO : 10 / 10
PERSONNAGES : 10 / 10
SUSPENS : 10 / 10





COUP DE CŒUR !



















Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire