lundi 16 octobre 2017

Izana, la voleuse de visage


 


  GENRE : Fantastique
ÉDITION : Lumen
NOMBRES DE PAGES : 312
DATE DE PUBLICATION : 2014 (Japon)
DATE DE L'EDITION : 18 mai 2017
LANGUE D'ORIGINE : Japonais
TITRE ORIGINAL : 誘- Izana
AUTEUR : Daruma Matsuura
PRIX : 15 € (papier)









" Dans le monde d'Izana, il y a le dedans et le dehors. Le dehors, c'est tout ce qui s'étend au-delà des murs de la maison : le soleil, les arbres, les autres... tout ce qu'elle n'a jamais vu autrement que dans ses livres ou à travers les carreaux. Car depuis sa naissance, elle vit recluse, bien à l'abri entre quatre murs. Un jour, poussée par la curiosité, la jeune fille décide de braver l'interdit et de s'aventurer à l'extérieur. Bien mal lui en prend – elle comprend que son visage est si effroyable qu'il ne peut être montré au grand jour.

Car si d'ordinaire, la laideur n'est pas un crime, il règne dans le village une terrible superstition. Autrefois se seraient affrontées une sorcière d'une grande laideur et une prêtresse d'une grande beauté : la première, victorieuse, aurait volé son apparence à la seconde. Depuis lors, toute petite fille laide née une certaine année est tuée sur-le-champ, sous peine de porter malheur aux habitants. Cette légende est même le thème d'une pièce de théâtre qui se joue chaque été. Izana y découvre pour la première fois, dans le rôle de la prêtresse, sa propre cousine. Née la même année qu'elle, Namino a été épargnée grâce à sa beauté extraordinaire...

Jusqu'où iriez-vous pour obtenir la beauté du diable, pour prendre le visage de votre choix ? À quel point l'apparence d'un être influence-t-elle son destin ? Dans une petite ville à l'atmosphère envoûtante, où des légendes séculaires restent terriblement vivaces, une adolescente marquée par le sort décide de briser les chaînes de son destin. "








Bonjour mes créatures, je vous retrouve aujourd’hui avec mon avis sur «Izana, la voleuse de visage » paru chez Lumen éditions. Étant une grande fan du manga « Kasane, la voleuse de visage », je me devais de lire ce roman qui évoque l’histoire de la mère de cette dernière. Je n’ai pas été déçue par ce livre qui reste dans cette ambiance sombre qui me plaît tant dans le manga.


Nous découvrons ainsi la vie d’Izana, une petite fille orpheline recueillie par Chigusa. Cette dernière est ainsi devenue sa bienfaitrice. En contrepartie, Izana doit vivre cachée de tout son village. Mais cette petite fille curieuse va vouloir parcourir le monde extérieur qui l’attire tant ! Elle va alors constater que l’amour que lui porte Chigusa n’est pas son véritable réel. Face à d’autres enfants, Izana prend vite conscience de sa laideur et de la légende qui habite son village. Une histoire mythique pour effacer la cruauté des habitants ou est-ce un fait plus surnaturel ?


Izana est une femme intelligente bien qu’elle est due vivre loin des regards et sous la protection de Chigusa. Sa détermination et son courage lui procurent une force indéniable de caractère. Malgré sa solitude, elle va tenter de prendre les devants pour survivre. Elle va alors faire la rencontre de Kingo Susano.
Kingo Susano (qui se trouve être Habuta Kingo dans Kasane) va finir par devenir ami avec Izana. Tous deux ont beaucoup de points communs, ils ont tous les deux été rejetés par les habitants d’Akeiwa. Izana pour sa laideur, Kingo pour la faute qu’il représente au sein de la vénérable famille « Susano ». Même si Izana a beaucoup de mal à faire confiance au jeune garçon, elle va finir par s’accoutumer à sa présence et sa gentillesse.

Forcément, l’histoire aurait pu se dérouler dans cette totale indifférence de la part des villageois. Quand Nagi, un jeune historien fait son apparition, le cœur de glace d’Izana va se fissurer pour laisser entrevoir des sentiments nouveaux en elle. En effet, le jeune homme est à la recherche d’une pierre rouge qui aurait des propriétés surnaturelles. La légende de la sorcière Onaga et la prêtresse Osaku devient alors beaucoup plus réaliste pour la jeune fille. Depuis qu’elle a vu une pièce de théâtre de cette légende, elle est fascinée par ce conte antique. Est-ce qu’il y aurait un fond de vérité dans cette histoire ? Izana ne s’imaginait pas à quel point sa vie, liée à ce mythe, va prendre une tournure brutale. L’horrible jeune fille au visage de monstre va alors s’épanouir de manière sombre et inattendue.


Concernant la stylistique de Daruma Matsuura, elle est simple, mais efficace. J’ai aimé découvrir l’origine du pouvoir de « Kasane ». Nous comprenons également pourquoi l’âme de sa mère plane constamment au-dessus d’elle. Finalement, la mère et la fille sont tellement similaires ! Tant dans leur caractère que dans leur parcours de vie. Les mêmes ambitions, les mêmes erreurs…
Ce thème sur la beauté fait toujours partie de notre société actuelle. L’image que l’on renvoie est manifestement importante aux yeux d’autrui pour coller avec les standards d’une norme qui provient d’un idéal fictif. Daruma Matsuura montre à travers son roman avec force et virulence à quel point pour toucher au but, réaliser son rêve, la beauté est importante. J’aime cette dénonciation passive qu’elle a choisi de nous transmettre, ainsi que le harcèlement face aux préjugés de nos concitoyens.
Je n’ai qu’un seul regret : c’est qu’il manque une grande partie de la vie d’Izana. C’est-à-dire quand elle quitte le village d’Akeiwa pour devenir cette célèbre actrice adulée de tous. Je pense qu’un deuxième tome serait vraiment nécessaire pour avoir son histoire dans sa globalité !


En conclusion, « Izana, la voleuse de visage » est un prélude à lire à tout prix pour mieux connaître l’univers de « Kasane », sa fille. J’ai aimé découvrir certaines informations qui viennent soulever le voile sur certains évènements du manga. Pour ceux qui adorent le manga « Kasane, la voleuse de visage » n’hésitez pas à lire ce roman ! Vous ne serez pas déçu !



EXTRAITS



« Pouvais-je encore me considérer comme un être humain ? Je portais encore ce qui ressemblait vaguement à des vêtements, mais j’étais sale, laide et je vivais dans la peur des homme. Malgré tout, je ne ressentais aucune envie de me transformer en bête sauvage ou en insecte. »

* * *

« Je maudissais le destin. Pourquoi étais-je née femme, si je ne pouvais en devenir une ? A quel âge avais-je commencé à veiller à ne pas parler ni me comporter comme une fille ? Pourtant, cette féminité rejaillissait parfois à mon insu. Et chaque fois que cela arrivait, une petite voix retentissait en moi : Ne me dis pas que tu t’attends à ce qu’on te traite comme une femme ? Quand j’étais petite , j’avais le pouvoir de me transformer en princesse à tout moment. Peu importait mon physique affreux, après tout, j’étais une fille… Ou du moins en étais-je persuadée. Quelle prétentieuse ! »

* * *

« J’éteignis ma lampe et avançai d’une fragile auréole de clarté à la suivante. Ce faisant, je me plus à penser que j’étais un nouveau-né : je me frayais un chemin au cœur des ténèbres de la matrice originelle, prête à naître au grand jour. Ces lampadaires étaient autant de signaux qui pavaient la voie vers le monde des Vivants. Quelque part entre la vie et la mort, mon rythme s’accéléra.
Pour la première fois, je marchais vers une lueur d’espoir.
 »

 






 GLOBALE : 8 /10
ÉCRITURE : 7 /10
SCENARIO : 9 /10
PERSONNAGES :9 /10
SUSPENS : 8 /10




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