mardi 23 janvier 2018

Nos chemins de travers


GENRE : Romance / New Adult
EDITEUR : J'ai lu
COLLECTION : J'ai lu pour Elle

NOMBRES DE PAGES : 510
DATE DE PUBLICATION : 7 juin 2017
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Georgia Caldera
PRIX : 10€90 (papier) / 4€49 (Ebook)








" Depuis des années, Louis et Emma se côtoient sans vraiment se connaître. Au lycée, au centre équestre, et même à la fac, il est ce garçon populaire, star des concours et de sa promo, pour qui toutes les filles craquent en dépit de son arrogance. Timide et réservée, Emma, elle, n’a qu’un objectif : passer inaperçue. Leurs rapports se résument donc à une ignorance cordiale jusqu’au jour où Louis décide d’humilier publiquement la jeune femme. Mais un tragique accident va remettre les compteurs à zéro. Après avoir mordu la poussière, Louis se heurte à une solitude cruelle et inattendue, qui lui montre la réalité sous un tout autre jour. Emma sera-t-elle prête, elle aussi, à reconsidérer son jugement pour l’aider à se relever ? "






Bonjour, mes créatures !


Aujourd’hui, je viens vous parler de « Nos chemins de travers » de Georgia Caldera. Je suis assez triste, car pour une fois je n’ai pas apprécié un roman de cette auteure. Depuis que je connais ses livres, j’ai toujours aimé ses récits que ce soit en fantastique ou romance (elle a quand même su m’intéresser à la romance, moi qui n’en lis jamais !). Malheureusement, « Nos chemins de travers » ne m’a pas captivé jusqu’au bout... Il est donc difficile pour moi d’écrire un avis négatif sur une auteure que j’apprécie depuis le début, mais je me dois d’être honnête. 


Nous faisons très vite la connaissance des héros : Emma est une jeune fille timide et réservée, mal dans sa peau à cause de son surpoids, elle a tendance à se sous-estimer. Puis de l’autre côté, nous avons Louis, un jeune homme riche et arrogant au premier abord, il cache pourtant en lui des souffrances incommensurables. C’est le lien qui unit finalement les deux protagonistes : la souffrance. Après un grave accident, Louis qui s’était moqué ouvertement d’Emma va soudainement être dépendant de la jeune femme. Emma va-t-elle savoir garder son sang-froid face à l’arrogance du jeune homme ? Comment vont-ils pouvoir se côtoyer sans se blesser davantage ? 


Dans cette romance « new adult », on retrouve le schéma typique que j’ai déjà pu entrevoir dans la précédente saga de Georgia Caldera (Hors de question/Hors de contrôle). On a un protagoniste riche, une jeune femme mal dans sa peau et un bad boy exaspérant à souhait. Habituellement, cela ne me gêne pas outre mesure connaissant la plume exquise de l’auteure, je sais qu’elle arrivera à m’embarquer au fil de son récit. Pourtant, la magie n’a pas su opérer avec ce roman.


Emma est gentille, peut-être trop ce qui parfois lui amène des situations un peu pénibles. Je pense notamment à sa relation avec sa mère ou Anne. Une fois encore, nous avons une héroïne qui éprouve un mal-être face à son propre corps. Si avec « Hors de question », Sonia avait ce sentiment d’être grosse et surveillait son alimentation, Emma quant à elle possède des formes généreuses et se trouve également complexée. C’est déjà un mauvais point pour moi... J’aurais aimé que l’auteure prenne le parti que son héroïne puisse accepter ses rondeurs. Pourquoi les rondeurs devraient être changées dans les romans, les films ou séries ? Pourquoi voir une « femme naturelle » devrait-il être une honte de notre société d’aujourd’hui ? Bien que cela ne m’ait pas dérangé de la précédente saga (où je pouvais comprendre vu le passé de l’héroïne), je pense qu’ici cela n’était pas nécessaire. Emma souffre déjà à cause d’un évènement traumatisant de son enfance, toute sa vie se trouve bouleversée ! De plus, la timidité ou le côté réservé ne sera pas forcément lié à notre apparence... Peut-être, l’auteure a voulu démontrer qu’une femme ronde puisse trouver l’amour autant qu’une fille retouchée des magazines ? Je n’en ai pas la moindre idée. Bref, je n’ai pas apprécié cette description qui se rapporte finalement trop à son récit précédent. Un autre point qui m’a profondément gêné, c’est que l’héroïne se sent « honteuse » d’être vierge à 19 ans. Mais... mais pourquoi ? Depuis quand un individu doit-il se sentir épanoui via sa sexualité ? Ne peut-on pas être heureux en étant célibataire et sans avoir vécu de rapport sexuel ? J’avoue qu’encore une fois, je n’ai pas compris pourquoi cette pensée a été instillée à son héroïne. Nous sommes certes une société libérée, mais il reste une poignée de femmes (et hommes) qui n’ont pas besoin d’être épanouies grâce à leur relation amoureuse. Et oui, la vie ne tourne pas exclusivement par cela. Je sais bien évidemment que nous sommes dans une romance, mais de là à être gêner par notre vertu, c’est le monde à l’envers. 


Je vais maintenant parler de Louis. Georgia Caldera a un don particulier pour créer des personnages masculins au tempérament de feu (coucou Henri, Axel, Aidan & Thadeus !). Je ne dirai pas que je n’aime pas Louis. On comprend très vite pourquoi le jeune homme se retrouve plongé dans une certaine débauche, cette sensation lui prouve qu’il est vivant !
Même si son comportement vis-à-vis des femmes est méprisable, son passé et son accident lui ont donné ce côté amer de la vie.
C’est le côté psychologique qui me gêne (attention, je risque de spoiler à ne pas lire la suite le concernant si vous voulez garder la surprise, mais je me dois d’évoquer ce fait).
En effet, Louis tente de mettre fin à ses jours. Il se retrouve alors face à une psychiatre qui essaie de le conseiller au mieux.
C’est à partir de là que le récit perd en cohérence. J’ai côtoyé assez de personnes proches de la souffrance et au bord du gouffre pour connaître le fonctionnement (ayant moi-même passé la majorité de ma vie de l’autre côté de cette barrière, je sais l’effet que cela produit).
Premièrement, pourquoi Louis ne s’est-il pas trouvé dans un hôpital psychiatrique ? Parce que oui, quand on commet une tentative de suicide, le séjour en hôpital psychiatrique est « vital » et « obligatoire ».
Deuxièmement, une personne qui a attenté à ses jours ne va pas faire souffrir autrui ou peut-être inconsciemment, pas comme Louis. Un individu en état d’extrême souffrance, va au contraire se replier sur elle-même et délaisser les autres pour s’enfermer dans une bulle hermétique à toute vie humaine. Georgia Caldera a su par contre montrer l’égoïsme qu’une dépression peut parfois entraîner chez les malades. Mais l’intention de blesser ses proches « gratuitement » et avec méchanceté n’est pas crédible selon moi.
Les autres personnages secondaires comme Anne, Gloria ou Eric sont peu présents. Ils sont justes là pour mettre les héros en valeur, ce qui est vraiment dommage...


Bien évidemment, l’écriture de Georgia Caldera est toujours aussi remarquable. Je ne pourrais jamais dire le contraire sur ce point-là. Mais le scénario est malheureusement basique et presque semblable à la saga « Hors de question ». J’ai lu ce roman sans réelles surprises ou attente particulière. Je savais déjà où l’auteure allait nous amener, et cela malgré le rebondissement final. On retrouve des scènes chaque fois similaires ponctuées de « je t’aime moi non plus ». 


En conclusion, « Nos chemins de travers » est une romance qui se lit facilement, mais où le suspens est totalement absent. J’ai eu la sensation de lire une autre version de sa saga précédente, de plus les nombreux traits psychologiques des personnages n’ont pas su me captiver bien au contraire, cela m’a malheureusement exaspérée. Pour une fois depuis 5 ans, je ne lirai pas la suite : « Nos vagues à l’âme ». J’espère par contre retrouver mon engouement de jadis avec le tome 2 de Victorian Fantasy qui se trouve toujours dans ma PAL.
 





 GLOBALE : 5,5 / 10
ÉCRITURE : 9 / 10
SCENARIO : 5 / 10
PERSONNAGES : 5 / 10
SUSPENS : 3 / 10






2 commentaires:

  1. Dommage le sujet était intéressant ! Après, les points que tu as soulevés m'auraient aussi agacée : certes on est dans une société où on est bombardé d'images de corps parfaits (et faux, car retouchés, filtrés etc...), mais je trouve comme toi dommage de ne pas avoir plus souvent de héros/héroïnes assumant leur corps...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui c'est tout à fait cela. Même si encore il y avait une raison "valable" pour ce mal être... Là, je n'ai pas retrouvé de "cause". Pour moi, elle est née comme cela, avec ce corps et ses formes. C'est sa morphologie typique. Donc, toujours tout ramener là-dessus m'a ennuyée.

      Supprimer